Souffle

Il y a des recoins sauvages
malgré les années qui lissent

Je suis nue au vent

Les racines noueuses
de mes errances et tous mes égarements
bien qu’invisibles me soutiennent

Qui suis-je, sinon ce feuillage ?

L’écho d’un murmure
Il y a des recoins sauvages
malgré les années qui lissent

Je suis nue au vent

Les racines noueuses
de mes errances et tous mes égarements
bien qu’invisibles me soutiennent

Qui suis-je, sinon ce feuillage ?

L’écho d’un murmure

Portrait-mot

Le mode est simple : je donne dans le désordre les lettres de l’alphabet à mon sujet et lui demande pour chaque lettre de me dire le premier mot qui lui vient à l’esprit.

Habituellement le portrait montre l’image d’une personne. Son apparence physique, à quoi elle ressemble. Ici mes portraits montre l’être d’une personne, non pas l’image qui est de l’ordre du visible mais l’esprit qui est de l’ordre de l’invisible. (N’est-ce pas une des caractéristiques du langage, d’être invisible ? ) Je suis un être doué de langage, et même à l’instant où je ne parle pas, par ce que je pense, je dispose du langage; et cela n’est pas perceptible. Il est présent en moi, actuel.

J’en conviens, un portrait-image ne montre pas simplement le physique d’une personne mais peut montrer aussi son esprit, par ce que les traits du visage d’une personne résultent de son caractère, par ce que la pose du sujet, son attitude et encore le décor qui l’environne peuvent donner des indications justes sur sa personnalité.

Ici le portrait-mot se concentre exclusivement sur l’esprit. Le corps a disparu; il n’y a plus d’apparence physique. Comment dresser un portrait de l’esprit ? Je n’ai pas la prétention de résumer (dans le sens de condenser) l’esprit d’un sujet avec une simple liste de mot. Ce sont des petits portraits, comme des instantanés photographiques, accusant le flou d’un trop rapide, la sur- ou sous-exposition d’une distance mal ajustée. De la même façon qu’avec la photographie nous sommes multiples, jamais deux fois parfaitement identiques sur des centaines de photographies (à moins d’être un adepte expérimenté et talentueux de la pose), le portrait-mot présente une facette de la multitude qui compose notre esprit.

Il est légitime de se demander en quoi les mots donnés par une personne sont représentatifs de cette personne. Elle aurait pu en dire d’autres, à un autre moment, ailleurs. Alors qu’il y a des dizaines, des centaines, parfois des milliers de possibilités pour une lettre, un mot se présente en premier à l’esprit, remontant le flot de tous les autres. Il est représentatif par ce que sa spontanéité et son unicité le rend significatif.

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Mégalithe

Avec ces dessins, les formes naissent des lignes, d’un mouvement répété de la main. C’est l’accumulation des lignes qui donne du volume. Les formes sont conditionnées par le geste que peut faire la main, l’amplitude du poignet, la souplesse des articulations. la capacité des doigts à se tendre et se plier, de la paume à s’ouvrir.

Et les formes naissent des formes. Elles se positionnent les unes par rapport aux autres, existent uniquement par leur relation. La première forme conditionne la suivante et ainsi de suite.

Chaque dessin est une composition libre et spontanée qui témoigne des actions de la main.

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Croissance

La croissance est un système simple basé sur la répétition d’un élément.

Au commencement il y a un module composé d’une tige et d’un cercle. Le module se dédouble ce qui donne deux modules. Les deux modules obtenus se dédoublent à leur tour. Et ainsi de suite.

Le système se déploie en arborescence et il peut croitre à l’infini. Sur le principe il n’y a aucune limite. Sa fonction première est d’occuper l’espace.

Il est composé d’une multitude d’éléments qui croissent en harmonie, c’est à dire qu’ils croissent tour à tour, de façon ordonnée. L’extension se fait en périphérie, (de façon homogène) dans toutes les directions.

Malgré le potentiel de croissance infini, tous les éléments ne peuvent pas se dédoubler. Il arrive qu’il manque de place. Un élément doit alors céder la place au suivant. Le cercle qui n’a pas pu produire une extension est signifié par un plein. Les petites boules noires sont mortes de n’avoir pu donner la vie; contrairement aux autres qui se prolongent.

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